Road trip en Islande #2 : des villages de pêcheurs à Myvatn

· Le Royaume du Nord ·

Pour cette seconde partie de notre road trip en Islande, l'aventure continue au Nord du pays qui est traditionnellement moins exploré par les touristes. Pendant quelques jours, on s'éloigne des chemins les plus accidentées pour s'offrir un petit plaisir : des routes en asphalte, et même une escapade en ferry !

Péninsule de Trollaskargi

« Joli port de pêche »

Après une bonne nuit de sommeil méritée, nous prenons le temps de discuter avec Jóhann, notre hôte qui se trouve être également éleveur de chevaux, de poules et de moutons. Alors que l’on déguste le petit déjeuner qu’il nous a préparé, Jóhann nous raconte le business des chevaux islandais, la seule race au monde à connaître cinq allures, entraînée pour gagner des concours. On fait le tour de sa jolie ferme, puis on se dirige vers Hólar, petit village de 100 habitants abritant une église en briques rouges et ce que l’on appellera les maisons de Hobbit (pour la seule raison qu’elle ont un toit recouvert d’herbe).

Puis, demi-tour direction Hofsós, où nous attend une spectaculaire piscine extérieure chauffée à 37°C avec vue incroyable sur les fjords. Il fait si froid dehors qu’on y restera une bonne partie de la matinée.

Nager, ça creuse ! Ça tombe bien, nous avions repéré un petit restaurant sur le port d’Hofsós, Sólvik, où sont servis de bons fish & chips et des soupes de poissons maison. Le port mérite également sa petite balade, mais ce n’est qu’un avant-goût de la principale attraction de la journée : le port de Siglufjörður, à une heure de route.

Cette ville, la plus au Nord de notre voyage en Islande, se distingue par de jolies maisons colorées sur le port et des chemins de randonnée dans la montagne pour prendre de la hauteur et admirer le fjord. Après avoir fait le tour de cette jolie ville, on achète du hareng pour nos sandwiches, on déguste une bière en terrasse au soleil couchant et on fait le plein de kanelbullar (de simples cinnamon rolls) pour nos prochains goûters. Avant la tombée de la nuit, on se dirige vers Ólafsfjörður où notre (petite) chambre d’hôtel nous attend.

Hrísey, l’île aux oiseaux

Hítchcöckfjörður

Le lendemain matin, c’est avec une légère angoisse que l’on descend dans la salle de restauration : l’un des récents commentaires TripAdvisor décrit le petit-déjeuner comme une immondice. Probablement un touriste aigri, car le buffet est copieux et délicieux. Avec un peu de retard, on décolle pour notre escapade de la journée : Hrísey, une île qui abrite des milliers d’oiseaux. Le ferry part dans 20 minutes, nous avons 30 minutes de route. C’est mal barré, mais une conduite sportive nous permettra de l’attraper à quelques secondes du départ.

Par chance, il fait un temps magnifique. L’île est quasiment déserte en semaine mais propose trois chemins de randonnée : nous choisissons le chemin intermédiaire, un peu plus long. Il permet d’admirer les montagnes à l’horizon, de faire un peu de méditation en pleine nature dans une zone dite « harmonieuse » et de traverser une vaste plaine. Parlons-en, de cette plaine. En juin, les sternes arctiques sont en pleine période de reproduction. À mesure que l’on avance, des dizaines, puis des centaines d’oiseaux s’envolent, tournent et crient au-dessus de nos têtes. On finira par faire demi-tour pour éviter le pire. On comprendra plus tard qu’ils protégeaient leurs œufs et avertissaient tous les voisins. En attendant le ferry du retour, on s’installe au Verbudin 66, un minuscule café assez cosy, le seul ouvert ce jour-là.

De retour sur l’île principale, on s’installe à la Bruggsmiðjan Brewery que l’on avait évidemment repérée avant le voyage. Cette brasserie sert des bières variées brassées sur place (des blondes classiques mais aussi des stouts et des ambrées) et propose, accrochez-vous : un spa extérieur rempli de bière ! On passe notre tour, un peu dégoûtés à l’idée de barboter dans du houblon.

Sur notre route se dresse la ville d’Akureyri, capitale de la région et quatrième ville d’Islande. Malheureusement, l’intérêt est assez limité si vous n’avez pas de ravitaillement à faire. On s’arrête dans un grand café pour faire une pause et on reprend la route pour notre ultime étape du jour : la cascade de Goðafoss (la cascade des dieux, littéralement). Premier choc : les touristes sont bien plus nombreux qu’au Nord-Est du pays. Second choc : la cascade est impressionnante, surtout quand on l’admire d’en bas, depuis l’autre berge. C’est à voir, sans aucun doute, même si d’autres chutes d’eau plus timides et plus « fantastiques » fourmillent partout ailleurs sur l’île. La prochaine étape ? Le lac Myvatn, où nous passerons deux nuits !

Région de Mývatn — Grottes et cratères de l’Est

Des p’tits trous, toujours des p’tits trous

Quel bonheur de retrouver son nid douillet après une longue route ! Alors que l’Hlíd Hostel propose principalement des espaces de camping, nous avons réservé un « chalet spartiate » face au lac. La pièce est chauffée, mais il faudra se laver les dents dehors. Tout le reste se passe dans des espaces communs où tout le monde cuisine et mange ensemble. Après une bonne nuit de sommeil, on part pour une randonnée en direction du gigantesque cratère de la région, le Hverfjall. Sur le chemin, on croise des moutons et des grottes inondées (Stóragjá et Grjótagjá, où l’eau stagne à 45°C). Arrivés au pied du cratère, l’ascension des 420 mètres commence. Il fait gris mais la vue sur la région vaut le coup d’œil. En haut, il est possible de faire le tour et s’éloigner des autres voyageurs au prix de quelques kilomètres supplémentaires en plein vent. Pour retourner à notre base, nous avons deux options : refaire notre randonnée en sens inverse ou emprunter la route. On décide de faire du stop. Bingo : un van de touristes polonais nous embarque et nous évite une longue heure de marche.

La deuxième partie de notre journée se déroule à Dimmuborgir, un petit parc bien entretenu où l’on peut observer la flore islandaise et des formations ruiniformes. On profite de la présence d’un petit café pour se payer le luxe d’une soupe du jour à volonté, accompagnée de Rúgbrauð. Le ventre plein, on improvise une autre balade à Höfði, un petit sentier de verdure où l’on observe des piliers de lave, des arbres et des oiseaux. Un parking permet de s’y garer : il est vide ! On ne croisera que deux curieux tout au long de la balade, ce qui n’est pas pour nous déplaire alors que la région de Myvatn est l’une des plus fréquentée du pays.

Pour nous remettre de nos émotions, nous terminons la journée aux Myvatn Nature Baths, des bains géothermiques à l’eau bleu turquoise. Si cela vous semble familier, c’est parce qu’un autre site plus grand, plus cher et plus fréquenté existe à côté de Reykjavik. Le bassin est assez grand et propose différentes températures, des alvéoles pour les petits groupes ainsi que des jets massants. Un hammam permet de se changer les idées, si vous avez le courage de quitter l’eau chaude du bassin pour affronter le froid de l’air extérieur. Après ça, difficile de ne pas trouver le sommeil !

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